La logistique à vélo, aussi appelée cyclologistique, est souvent associée aux grandes métropoles. Congestion, zones piétonnes, restrictions de circulation ou zones à faibles émissions rendent les livraisons en camion plus difficiles et favorisent le développement du vélo cargo.
Mais qu’en est-il dans une ville moyenne ?
Peut-on vraiment développer une activité de logistique à vélo dans une ville de moins de 50 000 habitants ?
L’expérience du Lièvre à Vélo, à Laval, apporte des éléments de réponse très concrets.
Un projet de logistique urbaine qui paraissait improbable
Lorsque Charles-Antoine Lelievre lance son activité de coursier à vélo à Laval, beaucoup trouvent l’idée surprenante.
Comme il l’entend même de pros du vélo :
« À Laval, on roule encore très bien en camion.
Il n’y a qu’une seule rue piétonne. »
Dans une ville où la circulation reste fluide et où les contraintes réglementaires sont limitées, la cyclologistique ne semblait pas forcément évidente.
Pourtant, derrière cette apparente facilité de circulation, les contraintes logistiques existent bel et bien.
Stationnement difficile pour les camions, espace pris sur la voirie, manutention lourde avec les tire-palettes, tournées peu flexibles ou encore accès compliqués à certains commerces : autant de situations qui compliquent le quotidien des livreurs. C’est précisément sur ces points que la cyclologistique peut apporter une réponse.
Des contraintes de logistique urbaine bien réelles
Même dans une ville moyenne, la logistique du dernier kilomètre doit composer avec plusieurs difficultés :
- trouver une place pour se garer à proximité des commerces
- manipuler des palettes dans des rues étroites
- livrer rapidement plusieurs points dans un périmètre restreint
- s’adapter aux horaires des commerçants ou des particuliers
Dans ce contexte, le vélo cargo offre une grande souplesse.
Les flux peuvent être déposés le matin, puis les livraisons réalisées au fil de la journée avec beaucoup plus de flexibilité.
Les coursiers peuvent se faufiler partout, accéder directement aux commerces ou aux chantiers, et intervenir rapidement sur de petites distances.
Cette agilité devient rapidement un avantage opérationnel.
Une activité de cyclologistique qui se structure
Au fil des années, Le Lièvre à Vélo s’est progressivement imposé comme un acteur logistique local.
Aujourd’hui, l’entreprise compte six coursiers et développe plusieurs activités :
Sous traitance messagerie
Livraison sous température dirigée
Collecte biodéchets
Livraison sur chantier
Circuits courts alimentaires
Multiservices
Petits déménagements
Cette diversité d’activités permet de construire un modèle économique solide, adapté à l’échelle d’une ville moyenne.
“La multiplication de nos activités nous permet d'être résilient et de ne pas dépendre d'un seul acteur économique. Et en créant des ponts entre activités et commerces, nous pouvons réaliser diverses prestations de livraison et démontrer la pertinence du vélo en centre ville." indique Charles-Antoine Lelievre
L’entreprise a d’ailleurs franchi une étape importante en passant en SCOP en février 2026.
Un nouveau cap sera franchi prochainement avec l’ouverture en juin 2026 d’un local logistique de 400 m² en centre-ville, qui permettra de développer encore davantage l’activité.
Le rôle clé des équipements de cyclologistique
Pour absorber cette montée en charge, disposer d’équipements adaptés est essentiel.
Depuis plusieurs années, l’équipe utilise notamment les remorques BicyLift de FlexiModal (mettre lien vers la page) pour transporter des palettes.
Ces remorques permettent au Lièvre à Vélo :
- de circuler facilement entre les potelets du centre-ville
- de franchir trottoirs ou revêtements difficiles
- de livrer directement dans les commerces
- de rouler et freiner en sécurité même avec des charges importantes grâce au système auto-freiné
Pour Charles-Antoine Lelievre, qui exploite ces remorques depuis trois ans, leur conception low-tech et facilement réparable est un véritable atout pour l’exploitation quotidienne : l’entretien est simple et les réparations peuvent être réalisées dans la journée
Aujourd’hui, l’entreprise utilise notamment :
- 4 remorques BicyLift, équipées bientôt du paltainer en protection des intempéries
- 5 biporteurs
- plusieurs modules logistiques adaptés aux différents flux (biodéchets, froid…)

Cette modularité permet de transporter aussi bien des palettes, des déchets alimentaires, des colis ou encore du matériel pour les artisans.
Une logistique à vélo plus agile... et plus humaine
Au-delà des aspects purement logistiques, le vélo cargo transforme aussi la relation avec la ville.
Comme le résume Charles-Antoine Lelievre :
« Le vélo porteur est un rayon de soleil dans la ville.
On parle aux gens, on sourit, on crée du lien… et on colporte du bonheur. »
Les coursiers échangent avec les habitants, les commerçants et les passants. La logistique devient visible, accessible, créatrice de liens.
Et en prime, ce mode de transport contribue aussi à réduire les nuisances urbaines : moins de congestion, moins de bruit et moins de particules fines.
La logistique à vélo dans des petites villes... un modèle reproductible ?
L’expérience du Lièvre à Vélo montre que la logistique à vélo peut fonctionner au-delà des grandes métropoles.
Dans de nombreuses villes moyennes, la cyclologistique peut compléter efficacement les solutions de transport traditionnelles.
Elle peut :
- améliorer la qualité de service logistique
- créer de nouvelles activités économiques comme la collecte des biodéchets et la distribution en circuit court
- réduire les nuisances urbaines
- et renforcer le lien entre les acteurs locaux.
Avec les bons partenaires, les bons équipements, un local bien situé et un modèle économique adapté, le vélo cargo peut ainsi devenir un véritable outil logistique du quotidien.
Et peut-être, tout simplement, une autre manière de faire de la logistique urbaine, même dans les petites villes.